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Art et culture
Lombardie, les lieux de Léonard

Avec Léonard de Vinci entre Milan et les paysages de l'Adda

Type
Parcours à vélo
Durée
2 jours
Nombre d’étapes
5
Difficulté
Facile

La peinture murale la plus célèbre au monde, la plus grande collection de dessins et d'écrits autographes de Léonard de Vinci et l'exposition permanente la plus complète consacrée à Léonard ont une caractéristique commune : elles se trouvent toutes à Milan. Nous parlons de la Cène peinte par le génie dans le réfectoire du couvent de S. Maria delle Grazie, du Codex Atlantique conservé dans la Veneranda Biblioteca Ambrosiana et des Galeries de Léonard installées dans le Musée national des sciences et de la technologie. Ce n'est pas un hasard. En effet, Léonard de Vinci a été actif à Milan pendant deux longues périodes : de 1482 à 1499, au service de Ludovic le More, puis de 1508 à 1512, à l'époque de la domination française. Voici donc un itinéraire sur les traces que le grand artiste et inventeur a laissées dans la capitale lombarde et ses environs pendant plus de 20 ans : un parcours urbain à parcourir à pied ou à vélo, avec une annexe à deux roues le long du Naviglio della Martesana, de Milan à Trezzo sull'Adda. Il s'agit d'un peu moins de 40 km le long de la piste cyclable facile qui longe le canal le plus lié à Léonard de Vinci de Milan. Léonard de Vinci a fait le même parcours plusieurs fois, la dernière à la fin de son deuxième séjour à Milan, lorsque les Sforza sont revenus dans la ville et que lui, désormais lié aux Français, a trouvé refuge à Vaprio d'Adda dans la villa de son élève Francesco Melzi. De là, il pouvait étudier en personne les phénomènes fluviaux et les paysages lombards que l'on retrouve dans le Codex Atlanticus, dans la Vierge aux rochers et dans d'autres de ses œuvres…

Château des Sforza

Il Castello Sforzesco di Milano

Léonard arrive à Milan en 1482 et se familiarise immédiatement avec le château des Sforza, siège de la cour somptueuse de Ludovic le More, son nouveau seigneur. Vous en avez sans doute déjà entendu parler : les relations entre Milan et Florence sont étroites et, une trentaine d'années plus tôt, Jacopo da Cortona et surtout Filarete, deux architectes toscans comme lui, y ont travaillé. À ses yeux, c'est un bâtiment imposant, mais un peu différent de l'actuel, dans lequel se détachent les deux hautes tours en bossage de S. Spirito et du Carmine.
Léonard ne vit pas dans le château des Sforza, son atelier se trouve à la Corte Vecchia, où se dresse aujourd'hui le Palais royal, où il travaille avec des assistants et des élèves : les plus illustres d'entre eux lui tiennent encore compagnie dans le monument qui domine la Piazza della Scala. Cependant, dans le château, Léonard fréquente les banquets et les réceptions de Ludovic le More. C'est probablement à ces occasions qu'il rencontre les fascinantes maîtresses du seigneur de Milan, en particulier Cecilia Gallerani et Lucrezia Crivelli. Selon la plupart des critiques, ces femmes seraient les sujets de deux des portraits les plus célèbres du maître, respectivement la Dame à l'hermine et la Belle Ferronnière. Mais Léonard ne se limite pas à fréquenter le château, il y laisse également une marque importante de sa présence. Cela se produit en 1498, lorsque le duc de Milan lui confie la décoration d'une chambre au rez-de-chaussée, au niveau de la tour Falconiera. C'est la salle des Asse : le nom vient du revêtement en bois de la partie inférieure des murs, utile pour les isoler thermiquement. Léonard invente une solution révolutionnaire. Au lieu de représenter des armoiries ou des scènes narratives, il peint 16 plantes de mûrier sur les murs et une pergola sur la voûte : une illusion verte de fraîcheur prend ainsi vie, formée par l'entrelacement des feuillages des arbres. Les mûriers, en milanais « moroni », font allusion au surnom de Ludovic le More. Au fil du temps, avec l'abandon du château, la précieuse décoration a été oubliée, cachée sous plusieurs couches de badigeon. Ce n'est qu'en 1893 que des traces de peinture furent découvertes. Une série de restaurations, qui ne sont pas encore terminées, a mis au jour non seulement la pergola peinte par Léonard, mais aussi un dessin monochrome fascinant sur les murs, de la main du maître : il représente des racines, des pierres et un paysage.

Musée du Cenacolo Vinciano

L’Ultima Cena di Leonardo da Vinci

Derrière une longue table dressée, recouverte d'une nappe immaculée, les 12 apôtres s'interrogent sur qui a trahi Jésus, dans un dialogue muet qui exprime un éventail d'émotions. Incrédule, indignation, douleur : Léonard les appelle « motions de l'âme ». Il n'y a pas besoin d'autres mots, nous avons tous déjà vu la « Cène » ou « Cénacle », peut-être la peinture murale la plus célèbre au monde. C'est l'une de ces œuvres d'art qu'il est impossible de ne pas avoir vues au moins une fois, reproduites par des artistes plus ou moins célèbres, reproduites dans un million de livres et sur des gadgets de toutes sortes, reprises dans des documentaires et des films : « Il n'est pas exagéré d'affirmer que sa réalisation a ouvert une nouvelle ère dans l'histoire de l'art », dit la motivation de son inscription sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.
Le mur qui accueille ce grand tableau, de 460 x 880 centimètres, appartient à l'ancien réfectoire du couvent dominicain de Santa Maria delle Grazie de Milan, relié à la basilique du même nom. Léonard est appelé à le décorer entre la fin de 1494 et 1497-98, dans la dernière phase de son séjour à Milan : il vient de terminer la réalisation du gigantesque modèle en argile pour le monument équestre à Francesco Sforza, le soi-disant « Cheval de Léonard ». Nous savons par des témoignages d'époque qu'il se consacre corps et âme à cette nouvelle entreprise, restant pendant des journées entières sur les échafaudages : Ludovic le More le récompense en lui donnant également une vigne dans le quartier de Porta Vercellina, où Léonard de Vinci résidait probablement. Bientôt, Léonard se rend compte que la peinture présente des problèmes de conservation. En effet, il a réalisé la « Cène » avec une technique expérimentale, en peignant à sec, plutôt qu'avec la technique traditionnelle de la fresque, et l'œuvre se détériore rapidement. Depuis le XVIe siècle, des restaurations et des repeintures se sont succédé, bouleversant la peinture, qui n'a retrouvé son aspect d'origine qu'à l'issue d'une longue restauration à la fin des années 1990.

Musée national des sciences et de la technologie Léonard de Vinci

Museo nazionale della Scienza e della Tecnologia Leonardo da Vinci

Ce n'est pas seulement le nom officiel qui lie le Musée national des sciences et de la technologie de Milan à Léonard de Vinci. Ce musée consacre au grand scientifique et artiste la plus grande exposition permanente au monde, aménagée dans les 1 300 mètres carrés des Galeries Léonard. En les visitant, on retrace la vie de Léonard depuis ses débuts florentins, mais avec un accent particulier sur la période passée à Milan, à la cour de Ludovic le More. Il y a de nombreux modèles, même d'époque, qui reconstruisent les machines de son invention, d'anciens volumes et des œuvres d'art, des reproductions captivantes des dessins de Léonard dédiés aux phénomènes naturels et à l'étude de la physique et de la mécanique, et des espaces dans lesquels la figure de Léonard est contextualisée dans la Renaissance, dans le Milan des Sforza et dans la culture de son temps.
En visitant ensuite le reste du musée, de la section dédiée aux transports à celles réservées aux explorations spatiales et aux nouvelles technologies, on comprend que cette glorieuse institution milanaise et Léonard partagent le même esprit, curieux et moderne : observer, expérimenter, penser de manière transversale étaient les concepts clés à la fin du XVe siècle et le restent encore aujourd'hui. 

Musée national des sciences et de la technologie Léonard de Vinci
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Plus d’informations

Bibliothèque Ambrosienne

Bibliothèque Ambrosienne

Au cœur de Milan, la Veneranda Biblioteca Ambrosiana abrite la plus riche collection au monde de dessins et d'écrits de Léonard de Vinci : c'est le Codex Atlanticus, pour tous le Codex Atlantique. Une sélection des plus de 1 100 feuilles qui le composent est en effet exposée dans la salle Federiciana, qui est l'espace le plus illustre et le plus suggestif de la bibliothèque, tandis que l'ensemble de l'œuvre est aujourd'hui consultable en ligne. Les manuscrits et les dessins avaient été rassemblés par Francesco Melzi, élève de Léonard, dans la villa Melzi d'Eril de Vaprio d'Adda, puis ils étaient passés entre les mains du sculpteur Pompeo Leoni. Il les avait collés sur des feuilles plus grandes, semblables à celles utilisées pour les atlas géographiques... et voilà qui explique l'adjectif « atlantique ». En 1637, le comte Galeazzo Arconati fit don du codex à la Bibliothèque Ambrosienne, qui avait été ouverte au public par le cardinal Federico Borromeo, son ami cher.
Les pages du Codex comprennent des études réalisées par Léonard de Vinci entre 1478 et 1519 sur des sujets très variés, de l'anatomie à la botanique, des mathématiques à la mécanique et aux études des phénomènes naturels. Certaines d'entre elles sont dédiées à Milan et à la Lombardie : entre autres, on peut citer celles où Léonard conçoit le monument équestre de Francesco Sforza et étudie les Navigli, en particulier le bassin de l'Incoronata, pour relier le Naviglio della Martesana au réseau des autres canaux de la ville. Mais la présence de Léonard s'étend également à une autre institution glorieuse située dans le même palais que la Bibliothèque Ambrosienne : la Pinacothèque Ambrosienne, un grand musée né également grâce à Federico Borromeo, avec des chefs-d'œuvre, entre autres, du Caravage et de Raphaël. Ici est exposé le magnifique Portrait de musicien peint par Léonard de Vinci vers 1485, dont l'identité est encore incertaine. Dans le passé, on supposait qu'il représentait Ludovic le More, mais il s'agit plus probablement de Franchino Gaffurio, maître de chapelle de la cathédrale de Milan depuis 1484. 

Du Naviglio della Martesana à l'Adda de Léonard

Naviglio della Martesana

Depuis 1467, à l'époque de Francesco Sforza, le Naviglio della Martesana amène à Milan les eaux de l'Adda, un fleuve qui coule à un peu moins de 40 km à l'est de la ville. Les Milanais l'appellent aussi petit Naviglio et le fréquentent surtout pendant les belles journées d'été, en pédalant le long de la piste cyclable qui le suit de la via Melchiorre Gioia, près de la Cassina de Pomm, jusqu'à Trezzo sull'Adda, où dans le hameau de Concesa se trouve la dérivation du fleuve. Cependant, lorsque Léonard arrive à Milan, le Naviglio della Martesana n'est pas un lieu de détente, mais une importante voie de communication, utile pour l'irrigation des champs et pour les transports. Et il a un gros problème : il se trouve à un niveau différent du reste du système des Navigli et ne peut donc pas être relié au réseau des canaux de la ville. Ludovic le More fait appel aux compétences d'ingénieur de Léonard pour surmonter cette différence de hauteur, et le génie toscan répond en concevant l'écluse de la conque de l'Incoronata. Mais les études s'étendent à tout le cours de la Martesana et surtout à l'Adda.
Lors de ses séjours en Lombardie, Léonard de Vinci observe à plusieurs reprises le canal et le fleuve de près, en particulier dans les années 1511-1513, lorsqu'il est l'invité de son élève Francesco Melzi dans la villa Melzi d'Eril à Vaprio d'Adda. Plusieurs dessins du Codex Atlanticus et du Codex Windsor, mais aussi certaines des peintures les plus connues de Léonard de Vinci, en témoignent : le paysage rocheux de la région située entre Brivio et Vaprio d'Adda se reconnaît, par exemple, à l'arrière-plan des deux versions de la Vierge aux rochers.
Aujourd'hui, le tronçon de la rivière entre la commune d'Imbersago au nord et celle de Cassano d'Adda au sud, ainsi que les beautés de ses rives, fait partie de l'écomusée Adda de Léonard.

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