La Fête des Cierges de Gubbio
3 minutes
Depuis près d'un millénaire, la fête des cerisiers de Gubbio est célébrée chaque 15 mai en l'honneur de saint Ubaldo, patron de la ville ombrienne.
Elle est documentée à partir de 1160, année de la mort du saint, mais pourrait avoir des origines encore plus anciennes, avec des racines dans le culte de Cérès et dans les rites propitiatoires du printemps.
Qu'est-ce que les Cierges
Les trois Ceri sont des artefacts en bois de 5 mètres de haut et pesant près de 300 kilos, dédiés aux saints liés aux corporations de la ville: saint Ubaldo, patron des maçons, saint Georges, protecteur des commerçants et saint Antoine Abate, saint des paysans. Les statues des trois saints se trouvent au sommet de chaque Cero porté à l'épaule par une équipe de ceraioli.
Ils sont conservés dans la basilique Sant'Ubaldo sur le mont Ingino, mais le premier dimanche de mai, ils sont transportés dans la ville pour commencer un mois entier de festivités qui culminent le 15 mai, mais se poursuivent également par la suite. Le 17 mai a lieu la course des Ceri Mezzani portés par les adolescents, le 2 juin celle des Ceri Piccoli portés par les enfants. Ainsi, les futurs ceraioli s'entraînent dès leur plus jeune âge.
Qui sont les ceraioli ?
Tout citoyen de Gubbio, qu'il y soit né ou qu'il ait déménagé dans le village, peut être un ceraiolo. L'appartenance à l'un ou l'autre Cero ne dépend pas des quartiers : autrefois, elle était liée au métier, mais aujourd'hui, elle se transmet de père en fils. Les femmes ne portent pas le Cero, mais elles encouragent.
Les ceraioli sont des hommes athlétiques et forts, capables de courir vite et de supporter un gros poids sur les épaules pour parcourir le trajet d'un peu plus de 4 kilomètres. Ils se relaient souvent pour terminer la course sans accident et sont organisés selon une hiérarchie très stricte qui leur permet de travailler ensemble.
L'Albata sur la Piazza Grande
C'est le moment le plus spectaculaire de la fête. Rendez-vous sur la place le plus tôt possible si vous voulez vous plonger dans l'atmosphère la plus animée de la fête : à midi le 15 mai, au milieu d'une foule en liesse, les trois Ceri sont levés verticalement. C'est à ce moment-là que commencent les trois tours de course autour de la place, au milieu de la foule qui s'ouvre pour les laisser passer. C'est un moment passionnant qui anticipe la folle course de l'après-midi.
Course au sommet de la montagne
Les Ceri partent dans un ordre précis, avec toujours Sant'Ubaldo en tête. Ils ne se dépassent jamais pendant la course, car cela serait impossible dans les rues étroites du village médiéval. On gagne en faisant une course propre, c'est-à-dire en tenant le Cero aussi verticalement que possible, sans le laisser tomber ou le cogner contre les murs. S'il tombe, l'intervention du « capocetta », toujours à la suite des ceraioli, est prévue. C'est le réparateur pour la reprise de la course.
Après avoir parcouru les rues de la ville, les Cierges se préparent pour la dernière partie de la course en montée, la plus difficile. Elle commence à la Porta dell'Angelo, sur les remparts de la ville, puis passe par 9 rues et 8 virages en pente jusqu'à l'église Sant'Ubaldo.
Une fois la course terminée, on redescend dans le village, en ramenant uniquement les statues des saints qui sont conservées dans l'église San Francesco della Pace, appelée dei Muratori. La fête continue en mangeant de la morue à la ceraiola, préparée la veille au soir sous les Arconi du Palais des Consuls.