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Art et culture

Carnaval dans la province de Naples

6 minutes

Pulcinella voit le jour à Naples au début du XVIIᵉ siècle en tant que masque comique de la Commedia dell’Arte, avant de devenir rapidement une figure centrale de nombreuses expressions théâtrales, littéraires et musicales. Sa voix donne corps à la langue napolitaine et en déploie toute la richesse expressive, contribuant à la diffusion de la culture parténopéenne bien au-delà des frontières régionales. La figure de Pulcinella dépasse largement le cadre de la scène : elle traverse le cinéma, la bande dessinée, l’artisanat d’art et même l’univers du jouet, témoignant d’une capacité exceptionnelle à relier la culture populaire aux sphères plus savantes et bourgeoises.

Dans le théâtre de figures, des marionnettistes, des montreurs de marionnettes et des pupari, souvent héritiers de dynasties artistiques, transmettent savoir-faire et compétences de génération en génération. Dans le domaine de l’artisanat artistique, les maîtres santonniers, aux côtés de jeunes artisans, perpétuent la tradition de la figure masquée. Pulcinella devient ainsi un fil conducteur entre passé et présent : non seulement personnage de scène, mais aussi gardien symbolique de la maison et de l’atelier, protecteur de la communauté et messager de la ville. Sa présence nourrit l’imaginaire collectif et reflète la vision du monde des Napolitains, en révélant leurs contradictions et leurs valeurs. À travers lui, Naples se reconnaît et se raconte, faisant du masque un miroir vivant de sa culture.

Le carnaval d’Acerra

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Acerra, au cœur de la Campanie, célèbre chaque année son carnaval historique, une tradition singulière qui atteint son apogée le Mardi gras.  

Figure centrale de la fête, Vecienzo, pauvre et accablé de dettes, survit grâce à des expédients jusqu’à mourir de manière tragicomique, étouffé par une boulette de viande. Sa mort devient le point focal d’un rite communautaire appelé ’a chiagnuta ’e Vecienzo Carnevale, au cours duquel ses vertus sont évoquées au son des tammorre et des castagnettes. À ses côtés trône Vecenza, son épouse en deuil, symboliquement représentée sous la forme d’un fantoche exposé sur des catafalques installés dans les cours ou les aires des masserie, accompagnant ainsi les funérailles du Carnaval. Le matin du Mardi gras, les effigies sont offertes au regard des passants ; l’après-midi, femmes et enfants du quartier se rassemblent autour du cercueil pour les lamentations rituelles, suivant des pratiques ancestrales proches des véritables rites funéraires. La soirée se poursuit par un cortège théâtral, au cours duquel des hommes déguisés en femmes interprètent les obsèques, perpétuant la mémoire vivante de la tradition. 

Le défilé est complété par la représentation des « Mois », mise en scène dans les rues de la ville : une célébration des valeurs de la communauté acerrane, qui évoque le cycle de la vie, de la mort et de la renaissance de la nature, en écho aux anciennes pratiques paysannes et à la signification archaïque du carnaval comme temps de renversement et de régénération

Le carnaval de Palma Campania

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Le carnaval de Palma Campania est l’un des événements folkloriques les plus évocateurs de Campanie. Il se distingue par les prestations chorégraphiques spectaculaires des Quadriglie, des groupes masqués rassemblant plus de 200 figurants.  

Ces vastes ensembles mettent en scène un thème qu’ils interprètent en chantant, en dansant et en jouant de la musique tout en défilant dans les rues de la ville. À la tête de chaque Quadriglia se trouve un maestro, qui dirige l’ensemble musical – composé d’instruments à vent, d’une grosse caisse et de cymbales – tout en coordonnant les quadriglianti jouant de la triccaballacca, de la tammurella et de la scetavajassa.  

Les Quadriglie sont au nombre de neuf et se préparent tout au long de l’année, perpétuant un rite collectif dont les origines remontent au XVIIᵉ siècle.  

Le carnaval s’ouvre le 17 janvier, avec « Sant’Antuono maschere e suon’ », une célébration rythmée par des feux de joie, la bénédiction des animaux et la dégustation de plats traditionnels.  

Deux dimanches avant le Mardi gras a lieu le défilé préliminaire, qui traverse les « Quadrigliodromi », dévoilant les thèmes et les costumes.  

La semaine précédente est consacrée aux répétitions du « Canzoniere » au village des Quadriglie. Le dimanche précédant le Mardi gras, les Quadriglie défilent de nouveau jusqu’à la scène centrale de la piazza Mercato.  

Le point culminant de la fête est le « Canzoniere » du Mardi gras : chaque Quadriglia se produit en formation circulaire, avec le maestro au centre. 

L’événement s’achève par l’attribution du Gonfalon aragonais à la Quadriglia victorieuse, récompensée pour sa musique, ses costumes, ses chorégraphies et sa direction. Elle se voit également décerner la gravure d’une étoile d’acier commémorative, exposée sur la piazza de Martino.  

Attesté dès 1859, le carnaval de Palma Campania perpétue une tradition transmise par les familles, les écoles et les artisans. Des couturiers, des menuisiers, des forgerons, des musiciens, des stylistes et des scénographes œuvrent toute l’année à la création des costumes et des décors, transformant la ville en un véritable atelier créatif à ciel ouvert. 

Le carnaval de Pomigliano d’Arco

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Le carnaval populaire de Pomigliano d’Arco est une tradition ancienne et fascinante, profondément enracinée dans la culture paysanne et le cycle des saisons. Il s’articule autour de quatre représentations majeures – « La Canzone di Zeza », « Gli Antichi Mestieri », « I Dodici Mesi » et le « Pianto a Morto » – qui investissent fermes, cours et places publiques grâce à des acteurs improvisés, des compagnies de quartier, de la musique et une ironie mordante.  

Né à la fin du XVᵉ siècle et ayant traversé des périodes de censure, le carnaval a connu une renaissance grâce au travail de redécouverte mené par Giovanni Sgammato et Marcello Colasurdo, figures majeures de la culture populaire, qui ont reconstitué avec rigueur les textes, les musiques et les masques. « La Canzone di Zeza » met en scène le mariage de Vicenzella et Don Nicola, dans une intrigue symbolique opposant Pulcinella, incarnation de l’hiver, à Zeza, figure du printemps, au rythme du cycle des saisons et des renaissances. « Gli Antichi Mestieri » font revivre des figures aujourd’hui disparues du monde rural – comme la productrice de ricotta, le ferblantier ou l’encensier – évoquant un passé façonné par le travail manuel et les savoir-faire artisanaux.  

« I Dodici Mesi » représentent l’année agricole à travers ses productions, ses labeurs, ses outils et ses histoires d’amour, sous la conduite du vieux Marcusalemme, personnage bourru aux accents bibliques.  

Le carnaval s’achève avec le « Pianto a Morto », une parodie de funérailles consacrée à Vincenzo Carnevale, célébrée par des lamentations excessives de la part d’épouses, d’amants, d’enfants et de figures publiques, transformant le deuil en une puissante satire théâtrale.  

Le carnaval de Pomigliano d’Arco raconte un monde de tradition, d’ironie et d’appartenance, où le théâtre de rue rencontre la mémoire collective et où la ville entière se mue en une vaste scène à ciel ouvert

Le carnaval de Saviano

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La fête débute le 17 janvier, jour de la Saint-Antoine avec « I fucaroni », de grands feux propitiatoires qui, en brûlant symboliquement l’ancien, ouvrent un temps nouveau. Dès lors, le carnaval accompagne la ville jusqu’au Mardi gras, jour où l’événement atteint son apogée. À cette occasion, treize chars allégoriques et de nombreux groupes masqués envahissent les rues, entre chorégraphies, musique et spectacles itinérants, transformant Saviano en un immense théâtre à ciel ouvert. Les racines de cette tradition remontent aux premières décennies du XXᵉ siècle, lorsque défilaient des charrettes ornées de fleurs, des fanfares et des groupes populaires mettant en scène la « Zeza », la « Cavalcata dei Mesi », le « Laccio d’Amore » et des funérailles carnavalesques.  

Après la Seconde Guerre mondiale, le carnaval se renouvelle grâce à des figures locales comme Fedele De Marino, avec des cortèges funèbres exotiques, des Zeze de quartier et des spectacles improvisés animant les différents rioni. Le tournant décisif survient en 1979, lorsque, dans la contrada Sant’Erasmo, le maestro Nicola Strocchia introduit le concept moderne du char allégorique tracté, suivi d’un imposant cortège de masques.

En 1981, la fête est officiellement reconnue comme institution citoyenne et entame un processus de développement qui la mènera d’un rayonnement local à une notoriété régionale, nationale puis internationale.

Aujourd’hui, le carnaval de Saviano est structuré autour de treize contrade, chacune engagée dans la conception et la construction de son propre char grâce au savoir-faire d’artisans hautement spécialisés. La fondation Carnevale di Saviano coordonne l’organisation, en collaboration avec les comités de chars et les associations culturelles. 

Le carnaval de Monterone – Forìo d’Ischia

Forio - Ischia, Campania

À Ischia, dans la commune de Forìo, se déroule le carnaval de Monterone. La fête trouve ses origines au XVIᵉ siècle, à l’époque des Carnevaletti, des journées consacrées à l’adoration eucharistique, conçues comme une forme de pénitence face aux excès de la période carnavalesque.  

L’un des traits festifs les plus emblématiques de l’événement est la banda, dont les instruments sont de véritables outils issus de la tradition paysanne : campanacci (sonnailles) et zappe (houes).  

Le cortège, composé des habitants et de la fanfare en uniforme officiel, accompagne à travers les rues du village le Prince Carnaval : un mannequin richement décoré, célébré tout au long du défilé puis brûlé en fin de soirée lors d’un rituel à forte valeur propitiatoire. 

Le carnaval de Monterone se distingue par une participation populaire très marquée, portée par des savoirs et des traditions transmis oralement de génération en génération. Les jeunes jouent un rôle essentiel dans cette continuité, en s’initiant à la tradition par la fabrication des instruments de musique ou le travail du papier mâché.  

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