Alfonso Rendano et Stanislao Giacomantonio
Nous commençons par lui, le grand pianiste et compositeur calabrais lié à la « ville des Bruzi » : Alfonso Rendano, à Cosenza. L’inventeur de la troisième pédale du piano, appelée « Pédale Rendano » ou « Indépendante », est né précisément à Carolei (CS) en 1853. Précoce dès son plus jeune âge, comme tous les génies de la musique, il s’essayait à l’âge de huit ans à l’enseignement autodidacte avec une vieille épinette familiale. Parmi les compositeurs calabrais les plus illustres, Alfonso Rendano finit par obtenir son diplôme à Naples et partit pour Paris, sur les conseils de Rossini. Ami de Listz, il écrivit l’opéra Consuelo (1902). La première étape de l’itinéraire musical en Calabre ne peut que nous conduire à la visite du théâtre municipal « Alfonso Rendano », à Cosenza, en plein centre historique, temple de la musique et de la tradition de la prose ; puis, à la monumentale Villa Rendano (1887), demeure privilégiée du pianiste, dans le style des villas de la Renaissance suburbaines.
Nous recommandons aux amateurs de musique de s’arrêter également au conservatoire pour découvrir un autre grand compositeur calabrais : Stanislao Giacomantonio (1879-1923), à qui l’institut est dédié. Né à Cosenza, Giacomantonio est surtout connu pour ses œuvres La Venere di Scauro, Quelle signore et La leggenda del ponte.
Francesco Cilea
Parmi les compositeurs calabrais les plus célèbres, Francesco Cilea représente sans aucun doute l’un des pères de l’opéra calabrais. Né à Palmi, une magnifique ville de la Costa Viola dans la province de Reggio de Calabre, Francesco Cilea a déclaré dès son plus jeune âge son amour pour la musique après avoir écouté la Norma de Bellini, interprétée par l’orchestre du village. Dès lors, le jeune Francesco Cilea entreprend une carrière musicale, devenant le « premier élève-maître » d’Italie au Conservatoire de Naples. Parmi ses compositions les plus célèbres, L’Arlesiana, tirée du drame du même nom d’Alphonse Daudet, sur un livret de Leopoldo Marenco.
Le théâtre municipal « Francesco Cilea » de Reggio de Calabre est dédié au grand compositeur calabrais. Nous vous recommandons de le visiter après avoir fait un tour à Palmi et avoir visité la maison de la culture « Leonida Repaci », gardienne des œuvres écrites et de sa bibliothèque personnelle. La dépouille de Francesco Cilea à Palmi repose dans le mausolée élevé en son honneur dans les années 1960, sur lequel on peut lire : « Je vous prie de dire à notre bien-aimée Palmi toute ma reconnaissance filiale et tout mon amour. Dites-lui qu’elle restera toujours dans mon cœur avec un attachement toujours plus vif et tenace, à mesure que le cumul des années accélère mon détachement de la vie ».
Michele Valensise
Non loin de là, dans l’arrière-pays de Reggio, près de la Costa Viola, la troisième et dernière étape de notre itinéraire musical nous amène à découvrir un autre musicien et compositeur calabrais du XIXe siècle, bien que moins célèbre que les deux précédents. Il s’agit de Michele Valensise à Polistena (1822-1890). Auteur de l’œuvre religieuse la Septième Parole, ou les « sept paroles » de l’agonie du Christ sur le livret du Metastasio, qui est exécutée chaque année dans l’église de la Sainte-Trinité à l’occasion des rites de la Semaine Sainte, parmi les événements à ne pas manquer à Polistena !
Michele Valensise, descendant de la dynastie illustre qui résidait dans le palais du même nom, laisse sur le territoire un héritage musical important. Ses traces sont suivies par plusieurs jeunes compositeurs calabrais qui, ici même, perpétuent une tradition remarquable, recueillie également par le complexe historique de la fanfare « Città di Polistena » : du claveciniste Michelangelo Jerace à Nicola Rodinò Toscano, en passant par les figures de Michele Raso, clarinettiste et chef d’orchestre, et le compositeur calabrais contemporain Giosuè Greco (classe 1990).