Marches : la Via Lauretana
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La Via Lauretana est une ancienne voie de pèlerinage marial qui, depuis le Moyen Âge, relie Rome au sanctuaire de la Sainte Maison de Lorette. La route, déjà fréquentée à partir du XIIIe siècle, avait également la fonction de relier Rome au port adriatique d'Ancône. Le long parcours, qui traversait tout l'État pontifical, reprit une certaine importance lorsque, en 1587, le pape Grégoire XIII décida d'en améliorer la praticabilité et d'en intensifier le trafic, comme le rapporte Michel de Montaigne dans son Jourlan de voyage en Italie, le récit de son voyage dans l'État du Vatican par la Via Lauretana. En partant de Rome, le parcours de l'itinéraire laurétin coïncide d'abord avec la Via Flaminia, en passant par les villages du Latium et de l'Ombrie. Une fois arrivé à Foligno, le parcours se transforme en ce qui peut être défini, plus précisément, comme la Via Lauretana : il se sépare du cours de la Flaminia, en se dirigeant vers le col des Apennins de Colfiorito avant d'arriver enfin à Lorette.
Les chemins laurétans
La Via Lauretana, complétée par les autres lieux de culte de la Bienheureuse Vierge de Lorette dans les Marches, constitue le réseau des chemins laurétans, une multiplicité de parcours et de lieux hautement symboliques, d'un intérêt historique, artistique et culturel considérable.
La spiritualité de Laurana représente une grande valeur culturelle : sédimentée au cours des siècles, elle a imprégné le paysage, le réseau des villages, les pratiques de culte, les lieux de mémoire, les biens culturels, la combinaison parfaite entre la beauté de la création et le travail de l'homme. Un riche témoignage du passé, mais aussi un fort élément identitaire du territoire et une ressource précieuse dans une perspective de développement durable.
Les étapes du chemin
De l'Ombrie à Lorette, l'itinéraire comprend sept étapes, dont cinq se trouvent dans les Marches : en partant de Colfiorito, un hameau de la commune de Foligno, vous arriverez à Muccia, où est né le bienheureux Rizzerio, disciple de saint François d'Assise et fondateur d'un ermitage franciscain, oasis de paix et de méditation, aujourd'hui équipée d'une salle de réunion et d'un hébergement complémentaire. En prenant la variante nord, vous atteindrez Camerino, l'ancien duché des Da Varano, qui abrite une université prestigieuse et d'importants sites d'architecture civile et religieuse, tels que le Palais Ducal et la cathédrale. On arrive ensuite à Belforte del Chienti : pendant le parcours, les pèlerins et les voyageurs de passage avaient la possibilité de trouver un abri et une assistance dans de nombreuses structures, telles que des auberges et des hôpitaux, gérés par des confréries ou des ordres religieux. Le couvent-hôpital de Valloncello, à Belforte del Chienti (diocèse de Camerino), et un couvent à Colfiorito, érigé dans un but similaire par les frères Clarins, en sont des exemples. De Belforte del Chienti, continuez en direction de Tolentino, qui abrite la basilique San Nicola. Le cloître augustinien adjacent datant de la première moitié du XIVe siècle représente le plus ancien exemple de cloître des ordres mendiants en Italie. Sur le territoire de la commune de Tolentino se dresse l'abbaye de Fiastra, le plus important édifice monastique des Marches, fondé par les cisterciens. Vous arriverez ensuite à Macerata, ville d'art et de culture, qui abrite de précieux sites d'architecture religieuse, tels que la basilique de la Miséricorde, la cathédrale et l'église Santa Maria delle Vergini. L'itinéraire se termine à Lorette et au sanctuaire de la Sainte Maison, où les catholiques rendent un culte de dévotion aux restes de ce qui, selon la tradition, est la Sainte Maison de Marie de Nazareth.
Le sanctuaire de Lorette et la Sainte Maison de Marie de Nazareth
Le cœur de la Via Lauretana est la basilique de la Sainte Maison de Lorette, l'un des principaux lieux de vénération de Marie et l'un des sanctuaires mariaux les plus importants et les plus visités de l'Église catholique. À l'intérieur de la basilique, les pèlerins rendent un culte de dévotion aux restes de ce qui, selon la tradition, est la Sainte Maison de Nazareth.
Selon une ancienne tradition, aujourd'hui prouvée par des recherches historiques et archéologiques, la Sainte Maison est précisément la maison de Nazareth où Marie est née, a été éduquée et a reçu l'annonce angélique. La maison se composait d'une chambre en maçonnerie composée de trois murs en pierre placés à la fermeture d'une grotte creusée dans la roche. La grotte est encore vénérée à Nazareth, dans la basilique de l'Annonciation, tandis que les trois murs de pierre, selon la tradition, furent transportés à Lorette en 1294 lorsque les croisés furent expulsés de Palestine. Les documents et les fouilles archéologiques confirment l'hypothèse selon laquelle les murs de la Sainte Maison ont été transportés à Lorette sur un navire, à l'initiative de la noble famille Angeli, qui régnait sur l'Épire. À partir du milieu du XVe siècle, pour protéger ces humbles murs de pierre et accueillir la foule croissante de pèlerins visitant la relique sacrée, les travaux de construction du magnifique sanctuaire commencèrent à Lorette, qui se terminèrent par l'ajout du clocher en 1700.
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