Les anniversaires franciscains ravivent un héritage spirituel et culturel qui continue à avoir une résonance dans le monde contemporain
3 minutes
En 2026, huit cents ans après la mort de saint François d’Assise, le Chemin de Saint François devient encore plus clairement un appel à rencontrer un héritage qui a influencé la foi, l’art, la culture, l’économie et la vie civile.
Marcher dans les lieux franciscains signifie se confronter à deux intuitions décisives : l’humilité de la créature, capable d’aimer le monde sans le posséder, et la fraternité, fondée sur la miséricorde, le pardon et la rencontre avec l’autre.
Les célébrations des anniversaires franciscains ne se tournent pas seulement vers le passé : elles redonnent au présent la force d’un homme qui continue à unir des personnes, des territoires et des sensibilités différentes.
Un héritage qui traverse les siècles
Saint François d’Assise est l’une des figures chrétiennes les plus vénérées au monde. Son message est à l’origine d’œuvres, de mouvements et de formes de pensée capables d’influencer la foi, la spiritualité, l’art, la littérature, l’économie et la vie civile. Dante lui consacra l’un des plus sublimes chants de la Divine Comédie ; c’est à Assise que Giotto réinventa le langage de l’art ; le franciscain Luca Pacioli fut le père de la comptabilité en partie double ; Robert Schuman, l’un des fondateurs de l’Europe unie, trouva dans la tradition franciscaine une référence. Aujourd’hui encore, l’exemple de François inspire des gestes connus et silencieux de fraternité, de charité et d’amour.
Le cycle des Centenaires franciscains a rappelé la règle de vie et le Noël de Greccio en 2023, les Stigmates en 2024 et le Cantique des créatures en 2025, pour culminer en 2026, à l’occasion du huitième centenaire de la mort de saint François d’Assise, la « Pâque de saint François ».
Les célébrations ne se limitent pas à conserver des souvenirs : au contraire, elles cherchent à donner vie au passé dans le présent, en le rendant actuel et vivant. « Je remercie tous ceux qui ont collaboré à la réalisation du Chemin de Saint François dans un esprit de bonne volonté », déclare Davide Rondoni, président du Comité national pour la célébration du huitième centenaire de la mort de saint François d’Assise. Le Chemin de Saint François est conçu pour unir et relier des lieux, des communautés et des significations.
Aimer la Création sans la posséder
Le premier aspect de l’héritage franciscain consiste en un sens très élevé de l’humilité devant le Créateur mystérieux de la vie. Se sentir une créature petite, mais aimée, permet d’aimer le monde, les autres et chaque être vivant sans vouloir les posséder. La différence entre l’amour et la possession est le fondement de la pauvreté de saint François ; une pauvreté qui ne réside pas dans le mépris des choses et des biens, mais dans la libération de ce qui prétend les transformer en domination.
Dans le Cantique des créatures, François loue Dieu à travers le soleil, la lune, le vent, l’eau, le feu et la terre. Chaque créature est le signe d’un Mystère et, précisément pour cette raison, elle est digne d’amour. La nature n’est pas un décor à exploiter ni une idole à contempler à distance : c’est un cosmos de relations dans lequel l’homme n’est pas maître, mais participant et gardien. Marcher dans les lieux franciscains permet de retrouver cette mesure : le pas ralentit, le regard s’ouvre et le paysage redevient une rencontre.
La fraternité comme art de la rencontre
Le deuxième trait est la fraternité, alimentée par la miséricorde et le pardon dans les relations avec les autres. Saint François la vit avant tout avec ses frères et ses sœurs, à commencer par sainte Claire, et la transforme en une disponibilité radicale à la rencontre. Héritier et interprète d’expériences orientales et européennes, il est un homme-pont, ferme dans sa foi et, précisément pour cette raison, capable de s’ouvrir aux autres sans crainte.
Le Chemin de Saint François donne une forme tangible à cette vocation. Celui qui marche accepte le temps de l’autre, partage sa fatigue, reconnaît la valeur de l’hospitalité et traverse des territoires différents sans en effacer l’identité. Dans un présent marqué par les divisions et la solitude, saint François invite à être extrêmes dans l’amour de Dieu et des autres, sans être extrémistes. Ainsi, le chemin est non seulement un but à atteindre, mais une façon d’être au monde.