À vélo de Milan à Sanremo
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Il y a l'appel de l'histoire, celui de la terre avec ses fruits délicieux et celui d'exploits sportifs inoubliables.
C'est une course très célèbre, qui a marqué l'histoire du cyclisme. Nous parlons de la Milan-Sanremo, un parcours de 293 kilomètres et donc toujours imprévisible : tous les professionnels débutants peuvent gagner. Mais les amateurs qui n'ont pas de velléités de compétition peuvent la vivre d'une autre manière : choisir un tronçon du très long itinéraire et associer à l'excursion à deux roues une visite culturelle ou une dégustation de vins. Ce ne sont pas les idées qui manquent. Voyons-les ensemble.
À Pavie, où l'on respire l'histoire
Depuis le Vélodrome Vigorelli de Milan, le tracé pointe résolument vers le sud. À quelques kilomètres, vous découvrirez la Chartreuse de Pavie, le monastère gothique de la Renaissance avec sa célèbre façade sculptée dans le marbre, pour entrer peu de temps après dans la ville située sur les rives du Tessin. Si vous voulez descendre de selle, vous pouvez consacrer du temps à la basilique de San Pietro in Ciel d'Oro, l'un des monuments médiévaux les plus importants de Lombardie. Une note historique : c'est l'église où reposent les restes de saint Augustin et où, en 1115, Frédéric Barberousse a été couronné roi d'Italie. Non loin de là se trouve le Château Visconti, l'autre joyau de la ville qui abrite également les Musées Civiques, dont le Musée du Risorgimento et la Pinacothèque Malaspina. Quelques pas en direction du fleuve et vous vous retrouvez sur la Piazza della Vittoria, le salon en plein air sur lequel donnent des restaurants, des bars et le Palazzo del Broletto : c'est un merveilleux exemple d'architecture médiévale et c'est le plus ancien de toute la Lombardie (datant du XIIe siècle).
Dans le haut Monferrato, au milieu du parfum des vignes
En pédalant vers le sud, une fois passée Voghera, la plaine du Pô cède la place aux premières collines des Apennins. On arrive à Ovada, qui avec ses caruggi est une anticipation visuelle des destinations les plus emblématiques de la côte. Mais il y a une autre raison pour laquelle cette ville peut valoir un arrêt : ses richesses gastronomiques, qui viennent directement de la terre. Du reste, nous nous trouvons dans le Haut Monferrato, terre de vins (pour n'en citer que deux : le Barbera del Monferrato DOC et le Dolcetto di Ovada DOC), de truffes et de champignons. Un avertissement : ce n'est pas le déjeuner idéal pour aborder le prochain tronçon du parcours de course, qui commence à devenir difficile. De là, en effet, commence la montée vers le col du Turchino, à 532 mètres d'altitude : le dénivelé n'est pas si difficile (346 mètres), mais c'est la longueur qui risque de mettre le corps à rude épreuve : 25 kilomètres. Si vous décidez de l'affronter, laissez-vous porter par le souvenir d'un exploit légendaire : celui de Fausto Coppi, qui en 1946 sur cette montée a commencé une échappée brûlante.
Sur la Riviera du Ponant, entre mer et colline
Du Turchino, la descente se fait en piqué vers Gênes Voltri, suivie d'un long tronçon sur la côte du Ponant, à travers des lieux symboliques du tourisme ligure : Varazze, Albenga, Imperia, San Lorenzo al Mare. En regardant la colline près de la mer, on pourrait avoir envie de pointer le guidon vers l'amont. Si c'est le cas, laissez-vous tenter et détournez-vous de l'itinéraire officiel. Vous vous retrouverez parmi des falaises surplombant la côte, des forêts de pins maritimes et des oliviers millénaires et des terrasses naturelles d'où admirer la vue. Si, au contraire, vous préférez continuer le parcours de Milan-Sanremo, sachez que vous allez rencontrer le tronçon le plus dur de la compétition. Devant vous, en effet, se trouvent les célèbres trois Caps : Capo Mele, Capo Cervo et Capo Berta, trois promontoires qui ont fait l'histoire de cette compétition, suivis de deux montées : la Cipressa (plus de 5,6 kilomètres à 4,1 % de pente moyenne) et le Poggio di Sanremo, à 9 kilomètres de l'arrivée : une montée de 3,7 kilomètres à moins de 4 % en moyenne avec des pointes à 8 %. Faites très attention à la descente, au coefficient technique exigeant : on pédale sur route goudronnée qui se rétrécit à certains endroits, avec des virages, des courbes et des contre-courbes qui demandent de la prudence. À Sanremo, où se déroule la dernière partie du tracé, vous pouvez baisser la garde et vous dégourdir les jambes : peut-être avec une promenade dans la vieille ville, qu'on appelle « Pigna », et un arrêt aux jardins de la reine Elena, d'où vous pourrez admirer la mer.
Édité par RCS Sport.