Les racines du cinéma italien plongent dans le Piémont et Turin en a été la première capitale depuis 1896, lorsque les frères Lumière ont organisé dans la ville la première projection cinématographique en Italie. C'est ici que sont nés les premiers studios de cinéma et les premières salles de cinéma, faisant de Turin un décor urbain unique et une destination emblématique pour l'histoire du cinéma italien et international.
Aujourd’hui, la ville continue d’être un point de référence pour le cinéma et l’audiovisuel, en promouvant et en accueillant des festivals de grand prestige dédiés aux spectateurs de tous âges, tels que le Festival du film de Turin, le Lovers Film Festival, le CinemAmbiente, le Sottodiciotto Film Festival et la VIEW Conference multimédia.
Le Musée national du cinéma
La Mole Antonelliana est un temple du septième art. Elle abrite aujourd'hui le Musée national du cinéma et l'extraordinaire collection de 1 800 000 œuvres, entre pellicules, documents d'archives, photographies, appareils et objets d'art, affiches et souvenirs exposés dans les vitrines sur la rampe hélicoïdale qui monte vers la coupole. Au cœur de Turin, à l’intérieur de l’emblématique Mole Antonelliana, c’est plus qu’une simple exposition : c’est un voyage immersif dans l’histoire du septième art, capable de fasciner aussi bien les passionnés que les visiteurs curieux.
Dès l'entrée, on est accueilli dans un espace scénographique qui ressemble à un décor de cinéma grandeur nature. Des lumières tamisées, des projections et des installations interactives accompagnent le public le long d’un parcours qui raconte l’évolution du cinéma, des premières lanternes magiques aux technologies numériques les plus modernes. Chaque section est conçue pour impliquer : on passe des origines du mouvement aux grandes productions hollywoodiennes, avec des costumes, des accessoires et des souvenirs originaux.
L’un des éléments les plus suggestifs est l’aménagement vertical de la Mole : le regard monte vers le haut en suivant une spirale d’écrans et de panneaux d’exposition, tandis que de confortables chaises longues permettent de s’allonger et de profiter d’extraits de films projetés au plafond. C’est une expérience presque onirique, qui transforme la visite en un moment de contemplation et de découverte. Ne manquez pas non plus l’ascenseur panoramique en verre, qui traverse le vide central de la Mole et mène à la terrasse. De là, Turin se révèle dans toute son élégance, avec les Alpes en toile de fond : une fin parfaite pour une visite qui allie culture, histoire et émerveillement. Le Musée national du cinéma n'est pas seulement une étape touristique, mais un lieu capable de raconter des émotions, des rêves et de l'imagination. Une expérience qui reste gravée, tout comme un grand film.
Le Hollywood du Pô
En se promenant dans les rues du centre-ville et de la périphérie, il est facile de découvrir certains des endroits les plus fascinants et les lieux des principaux claps se déroulant dans la capitale piémontaise. À commencer par l'ancienne gare de Porta Susa, par exemple, qui a accueilli en 1914 le tournage du film muet « Cabiria », le premier grand blockbuster de l'histoire du cinéma. Le tournage a eu lieu principalement entre Lungo Dora et les vallées de Lanzo, mais la statue du dieu Moloch utilisée pour le film est aujourd’hui exposée au Musée du Cinéma. En 1956, « Guerre et Paix », tiré du roman de Tolstoï, a également été tourné dans la résidence des Savoie du château du Valentino avec Audrey Hepburn et Henry Fonda. Et comment ne pas se souvenir de « The Italian job » avec les incomparables Mini Cooper entre la Villa della Regina et la Pista del Lingotto.
Marcello Mastroianni, Jacqueline Bisset et Jean-Louis Trintignant ont foulé le sol de la Piazza della Repubblica et du marché de Porta Palazzo (le plus grand d’Europe) pour « La femme du dimanche » de Luigi Comencini, sorti en 1975. Parmi les films les plus célèbres de la même année, on trouve également « Profondo rosso » de Dario Argento, qui a soigneusement choisi les décors du Turin Art nouveau de la colline ainsi que la scénographie, à la De Chirico, de la piazza CLN. « Santa Maradona » a été, quant à lui, le film culte des trentenaires au seuil du nouveau millénaire, interprété par Stefano Accorsi dans un Turin qui change de visage et qui découvre la « movida », avec un décor entre la via Lagrange et la via Teofilo Rossi. Les palais nobiliaires du centre de Turin servent de toile de fond au « Divo » Toni Servillo dans le rôle de Giulio Andreotti : le film de Paolo Sorrentino, prix du jury au Festival de Cannes 2008, a été réalisé presque entièrement à Turin. Parmi d'autres, citons également « Venuto al mondo », un blockbuster international réalisé par Sergio Castellitto et interprété par les stars d'Hollywood Penelope Cruz et Emile Hirsch, où la Cavallerizza Reale devient un aperçu de Sarajevo à l'époque de la guerre des Balkans. Et comment ne pas citer la comédie paradoxale « Benvenuto Presidente », où Claudio Bisio est un citoyen ordinaire qui, par un hasard étrange, devient Président de la République ? Le Palais royal de Venaria et les palais historiques de Turin se transforment ici aussi en palais du pouvoir romain.
Aujourd'hui, Turin se confirme comme un « atelier de rêve » contemporain de productions cinématographiques et audiovisuelles de grande renommée internationale, mais aussi comme l'un des lieux de tournage les plus actifs et les mieux structurés, tant pour le grand écran que pour les productions en streaming. Quelques exemples ? Du documentaire « Pellizza – Pittore da Volpedo », centré sur la figure du peintre divisionniste tourmenté et auteur de la toile « Il Quarto Stato », au blockbuster « Le Comte de Monte-Cristo » (tourné entre le Palais royal, la Galerie Subalpina, le Théâtre Carignano, le Musée du Risorgimento et le Pavillon de chasse de Stupinigi, ainsi que d’autres lieux piémontais) ; de la série tirée du chef-d’œuvre de Tomasi di Lampedusa « Le Guépard » à deux fictions qui ont conquis les téléspectateurs également pour le rôle exceptionnel de la capitale turinoise : il s’agit de « Cuori 3 » (réalisé par le Turinois Riccardo Donna, se déroulant dans les années 70 en mettant l’accent sur le complexe hospitalier des Molinette) et de « La legge di Lidia Poët », dédiée à la première femme à entrer dans l’Ordre des avocats en Italie, qui voit ses aventures se dérouler à la fin du XIXe siècle sur fond de palais historiques du centre emblématiques de l’Italie post-unification, jusqu’au magnifique Cimetière monumental et aux rives du Pô, animées par les premières sociétés de canotiers fondées en Italie.
Le Piémont en scène
Le génie et la vitalité cinématographique sont le dénominateur commun de Turin et de tout le Piémont. Une vocation qui plonge ses racines dans l'histoire même du cinéma italien et qui continue aujourd'hui de se renouveler grâce à un écosystème créatif dynamique, capable d'attirer des productions du monde entier.
Le cœur battant de ce système est la Film Commission Torino Piemonte, née avec le soutien de la région et la collaboration de nombreuses entités culturelles et associatives du territoire. Plus qu’un simple organisme de soutien, la Film Commission représente un véritable point de référence pour l’industrie audiovisuelle : elle accompagne les productions à chaque étape, de la recherche de lieux à la logistique, jusqu’à la coordination avec les institutions et les professionnels locaux.
Le territoire piémontais se distingue par une extraordinaire variété de décors. Le catalogue compte plus de 800 lieux : des architectures baroques du centre historique de Turin aux résidences des Savoie, des paysages alpins aux collines classées au patrimoine mondial de l'Unesco, en passant par les villages et les sites industriels reconvertis. Cette richesse a fait de la région un décor d’excellence pour plus de 1 300 titres, entre productions italiennes et internationales, séries télévisées, films d’animation, courts métrages et documentaires.
Pour soutenir les professionnels, la Film Commission met à disposition un guide de production détaillé, un outil pratique et complet qui facilite tous les aspects de l'organisation : permis, fournisseurs locaux, services techniques et contacts avec les professionnels. Une aide concrète qui fait du Piémont non seulement une destination attrayante, mais aussi un choix efficace et compétitif pour le monde du cinéma. Dans ce contexte, Turin et le Piémont se confirment non seulement comme des lieux à raconter sur grand écran, mais aussi comme de véritables protagonistes de la narration cinématographique contemporaine, où tradition et innovation se rencontrent en donnant vie à de nouvelles histoires et visions.
Où est née la télévision italienne
L'histoire glorieuse et en pleine évolution du Turin du cinéma ne peut manquer d'inclure une visite au Musée de la radio et de la télévision de la RAI. Fondé en 1953 à l'initiative directe de la RAI dans le centre de production très central de la Via Verdi, avec plus de 1 500 objets, dont des appareils historiques, des costumes et des microphones, il est essentiel de le visiter pour retracer l'histoire des médias en Italie, de l'évolution technologique des années 1920 à la télévision numérique.