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Léonard500

Signature de Léonard - Codex Atlanticus, f. 379r / 1054r - Bibliothèque Ambrosienne, Milan

Signature de Léonard - Codex Atlanticus, f. 379r / 1054r - Bibliothèque Ambrosienne, Milan

Peintre, architecte, ingénieur, dessinateur, scénographe, musicien, inventeur, anatomiste, géologue. Léonard de Vinci est tout cela à la fois, un génie italien universellement reconnu, célébré cette année à l’occasion du 500e anniversaire de sa mort.
Nous vous accompagnons dans un voyage dans le temps et l'espace pour découvrir le Génie de la Renaissance.

LE JEUNE LÉONARD

Leonardo di ser Piero da Vinci est né le 15 avril 1452 à Anchiano, un hameau de Vinci, à 40 km de Florence. Son habileté dans le dessin se manifeste dès son plus jeune âge et pousse son père à le faire entrer dans un atelier pour apprendre l'art de la peinture et de la figuration auprès d'un bon Maître.

En 1469, à l'âge de 17 ans, Léonard entre, pour trois lires par mois, dans l'atelier florentin du Verrocchio. Ainsi commence son expérience d'assistant et d’apprenti en compagnie d'autres élèves qui écriront plus tard l'histoire de la Renaissance: Sandro Botticelli, Le Pérugin, Domenico Ghirlandaio et Lorenzo di Credi.

Les "garzoni" de l'atelier doivent se familiariser avec la pratique et le maître leur confie les parties les moins exigeantes d'un tableau, des fonds aux détails des vêtements, en passant par les personnages mineurs. Le Verrocchio apprécie le trait de Léonard et lui confie la réalisation de l'ange de gauche du tableau Le baptême du Christ, conservé aujourd’hui à la Galerie des Offices à Florence.

Baptême du Christ" du Verrocchio, Léonard de Vinci et Botticelli - Galerie des Offices, Florence - Toscane

Le Cabinet des Dessins et Estampes de la Galerie des Offices abrite également l'un des premiers dessins de Léonard, réalisé pendant la période de formation en atelier : le Paysage avec rivière, daté du 5 août 1473.

Paesaggio con fiume - Cabinet des dessins et estampes de la Galerie des Offices, Florence - Toscane

Paesaggio con fiume - Cabinet des dessins et estampes de la Galerie des Offices, Florence - Toscane

Les Offices abritent également une œuvre, fruit de l'une des premières commandes de Léonard: L'Annonciation.

L’Annonciation - Galerie des Offices, Florence - Toscane

L’Annonciation - Galerie des Offices, Florence - Toscane

En 2017, la Galerie des Offices expose à nouveau, après une longue restauration, une autre œuvre de Léonard de Vinci: L’Adoration des mages, réalisée entre 1481 et 1482.

L’Adoration des mages - Galerie des Offices, Florence - ToscaneL’Adoration des mages - Galerie des Offices, Florence - Toscane

L’Adoration des mages - Galerie des Offices, Florence - Toscane

FLORENCE, LÉONARD ET LAURENT LE MAGNIFIQUE

À la fin du XVe siècle, Florence est gouvernée par un grand personnage, amoureux des arts et mécène: Laurent le Magnifique.

Léonard avait l'habitude d’ébaucher dans son carnet des scènes de la vie quotidienne. Il commence à dessiner les visages de jeunes filles florentines dont il s’inspire pour ses tableaux de madones et d’anges.
La rue est un lieu de prédilection
pour trouver des idées dont il s’inspire dans ses œuvres: il observe les personnages, les vices et les vertus, la beauté et la décadence, la jeunesse et la vieillesse.

Uomo e donna affrontati - Galerie des Offices, Florence - ToscaneDans ses dessins, il parvient à représenter de manière déformée les personnages qui lui déplaisent, en chargeant certains de leurs traits et inventant, des siècles à l'avance, la caricature, soit la technique qui consiste à exacerber une caractéristique physique ou un visage particulier pour obtenir un résultat paradoxal et ridicule. Léonard déteste ceux qui cherchent à acquérir le pouvoir à travers la servilité. Pour cette raison, il se venge avec certaines caricatures qui représentent peut-être le monde intérieur de certains personnages, plutôt que leur apparence.

Après 14 ans passés dans le berceau de la Renaissance, Léonard médite de quitter Florence pour offrir ses services à quelque puissant seigneur.

Les seigneurs de l'époque recherchent des techniciens militaires. Parmi eux, la Cour des Sforza, alliés des Médicis, sensibles au prestige dérivant des œuvres d'artistes de qualité et encore plus intéressés aux machines guerrières qu’un esprit vif comme celui de Léonard peut concevoir.

LÉONARD À MILAN (1re PÉRIODE MILANAISE)

Chars d’assaut inattaquables et ponts légers et transportables. Dans la lettre adressée au duc de Milan Ludovic Sforza, pour attirer l'attention du More, Léonard expose certaines de ses idées les plus visionnaires concernant l'innovation des machines de guerre.

Léonard s'installe alors à Milan, l'une des rares villes européennes à dépasser les 100.000 habitants, située au centre d'une région peuplée et productive.

Léonard parvient toutefois à entrer à la cour de Ludovic le More, obtenant d'importants contrats et de commandes stimulantes. On lui demande de réaliser une fresque dans la Sala delle Asse du Château des Sforza, et l’artiste toscan la transforme en un bosquet fantastique, peignant des arbres dont les branches s’entrelacent au plafond.

Sala delle Asse - Château des Sforza, Milan - Lombardie

Sala delle Asse - Château des Sforza, Milan - Lombardie

À la Cour, Léonard rencontre Cecilia Gallerani, une jeune fille de 16 ans au charme infini. Aucune relation sentimentale n'apparaît dans la vie de Léonard de Vinci, il semble cependant que la beauté et l'intelligence de Cécilia aient frappé le Maître.
C'est probablement la raison pour laquelle Léonard utilise la favorite du Duc comme modèle pour l'un de ses tableaux les plus célèbres "La Dame à l'hermine" (Musée national de Cracovie - Pologne).

La Dame à l'hermine

La Dame à l'hermine

Son habileté à concevoir machines et mécanismes révèle un autre grand talent de Léonard: la maîtrise scénographique.

Il conçoit et met en scène pour Ludovic le More l’un des plus grands spectacles jamais vus par le Duché : la Fête du Paradis, représentation théâtrale dans laquelle le soleil, la lune et les planètes se déplacent sur scène grâce aux mécanismes de son invention.

Léonard se découvre ainsi metteur en scène, scénographe, inventeur de machineries théâtrales et également styliste. Son obsession pour les détails le conduit en effet à s'occuper de la création de vêtements de scène.

Léonard est un observateur attentif qui s'intéresse beaucoup à l'automation, élément récurent dans ses projets. Il réfléchit aux avantages économiques dérivant de la production automatisée en termes d'efficacité et de rapidité (l'industrie textile est florissante à Milan et parmi les projets de Léonard, on trouve par exemple des machines pour la production de paillettes pour les robes du soir et de métier mécanique à tisser).

Métier mécanique à tisser étudié par Léonard - Musée national des sciences et des techniques Leonardo da Vinci, Milan - Lombardie

L’application pratique de ses idées au service des intérêts militaires, économiques ou artistiques de ses clients est due également à la nécessité de trouver du travail pour lui-même et ses assistants.

Durant son séjour à Milan, Léonard réalise certains de ses plus grands chefs-d’œuvre.

La Vierge aux rochers (conservée au Musée du Louvre) dans laquelle il démontre qu'il possède des notions approfondies de géologie et de botanique.

Il est également intéressant de savoir que Léonard a été l'un des premiers à comprendre la nature et l’origine des fossiles marins trouvés dans les ravines des collines et des vallées intérieures.

Vierge aux rochers, Musée du Louvre - Paris, France

Vierge aux rochers, Musée du Louvre - Paris, France

Milan conserve l'une des œuvres les plus admirables de Léonard de Vinci, La Cène (inscrit en 1980 au patrimoine mondial de l'UNESCO avec l'Église et le Couvent dominicain de Santa Maria delle Grazie). 
La Cène - Église et Couvent dominicain de Santa Maria delle Grazie, Milan - Lombardie

La Cène - Église et Couvent dominicain de Santa Maria delle Grazie, Milan - Lombardie

Léonard réfléchit longuement à la structure de l’œuvre avec laquelle il représentera la dernière rencontre entre Jésus et ses disciples.

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, l'approche de la réalisation des œuvres est un processus long et discontinu pour Léonard.

L'écrivain Matteo Tambello, neveu du prieur, raconte que Léonard peignait parfois sans relâche, et parfois fois il se présentait vers midi, donnait un ou deux coups de pinceau puis s’en allait. Lorsque l’œuvre est terminée, Léonard prend conscience des limites et des défauts de la technique utilisée pour la fresque et du processus inexorable de décomposition qui en découle.

L’œuvre a immédiatement commencé à se détériorer à cause des matériaux utilisés par l’artiste: à la place du canonique "buon fresco", que Léonard n’appréciait pas, car il exigeait une exécution trop rapide du tableau, il disposa plusieurs couches de tempera grasse sur deux différentes préparations, une plus grossière, placée au contact du mur, et une crayeuse sur laquelle les couleurs avaient prise. Ce type d'expérimentation, qui lui permit d'intervenir plusieurs fois pour modifier et ajuster les détails de l'image, n'eut cependant pas un bon résultat du point de vue de la conservation, provoquant immédiatement le détachement et la perte de la pellicule picturale.

Une restauration de 17 ans (de 1982 à 1999) nous a rendu l'un des plus grands chefs-d'œuvre de l'histoire de l'art.

MANTOUE, VENISE ET LA ROMAGNE

Avec la conquête de Milan par les Français en 1500, Léonard décide de quitter la ville pour se rendre à Mantoue, à la cour d'Isabelle d'Este Gonzaga, dans le palais où de grands artistes ont laissé des œuvres importantes comme le Mantegna qui avait peint la fresque La Chambre des Époux

Isabella est une femme cultivée, amoureuse des arts et grande admiratrice de Léonard. Elle lui commande un portrait, mais le Maître ne produit qu'un croquis préparatoire sur carton. La peur d'Isabella de se compromettre avec les Français en protégeant Léonard, l'un des collaborateurs les plus importants de Ludovic le More, est telle qu’elle éloigne Léonard de sa propre Cour.

Isabella d'Este - Carton préparatoire

Isabella d'Este - Carton préparatoire

Léonard se rend à Venise où il projette un plan de défense de la ville contre les Turcs, qui consiste en une série de barrières des eaux de l'Isonzo qui permettraient d'inonder la plaine et d'empêcher l'accès à la ville. 
L’œuvre, géniale et imposante, n'a jamais été réalisée, mais les traces laissées par Léonard dans la Sérénissime ne manquent pas. La Gallerie dell'Accademia abrite en effet l'une de ses œuvres les plus célèbres: L’Homme de Vitruve.

Ce précieux dessin s'inspire du modèle proposé dans l'Antiquité par le mathématicien Vitruve, qui considérait le corps humain et ses parties comme une unité de mesure pour la conception architecturale.

Dans ses notes, Léonard dit avoir trouvé la solution mathématique de la quadrature du cercle, allant au-delà des solutions proposées par Archimède (dont il était un grand admirateur). Il ne reste cependant aucune trace de cette élaboration.

Uomo Vitruviano - Gallerie dell'Accademia, Venezia - VenetoL’Homme de Vitruve - Galleria dell'Accademia, Venise - Vénétie

L’Homme de Vitruve - Galleria dell'Accademia, Venise - Vénétie

Après Venise, le Maestro rentre quelque temps à Florence. En 1502, il se rend en Romagne en compagnie de Cesare Borgia (homme d'armes et de pouvoir, personnage controversé de la Renaissance, auquel s’inspire Nicolas Machiavel pour composer son traité “Le Prince”).

Pour Léonard commence une période aventureuse aux côtés du Valentino, dont il est le conseiller militaire et "Architecte et Ingénieur général". Le Borgia a un grand projet : créer un État fort et moderne qui préfigure l’unification de l’Italie en réunissant sous son empire la Romagne, une partie des Marches et la Toscane.

Léonard n'apprécie guère le manque de scrupule de César Borgia, mais il admire sa détermination. Il commence à voyager frénétiquement dans les forteresses du Duché pour en renforcer les défenses. Il visite Urbino, Rimini, Cesena, Pesaro, Cesenatico et d'autres villes des Marches et de la Romagne. Il approfondit ses recherches sur l'hydraulique et conçoit des fortifications, mais après que Borgia fait étrangler par la tromperie quatre adversaires, dont l’un de ses amis, Léonard décide de s’en aller.

Codex Atlanticus, f. 117 recto Léonard de Vinci - Pinacothèque Ambrosienne, Milan – Lombardie

Codex Atlanticus, f. 117 recto Léonard de Vinci - Pinacothèque Ambrosienne, Milan – Lombardie

Nous avons peu de témoignages sur le passage de Léonard en Émilie-Romagne, mais depuis 1839, la Galerie nationale de Parme abrite l’une de ses œuvres les plus raffinées : la Tête de jeune fille, connue également sous le nom de La Scapigliata.

La Scapigliata - Galerie nationale de Parme – Émilie-Romagne

La Scapigliata - Galerie nationale de Parme – Émilie-Romagne

Léonard n'aime pas la guerre, qu’il définit "une folie sauvage", mais son œuvre regorge en même temps d'inventions militaires. C’est une étrange contradiction qui l’amène à garder secrets les projets de certaines armes (par exemple celles sous-marines), de peur qu’elles soient utilisées pour "des assassinats au fond des mers". L'ingénieur militaire, Mais il estime également, en tant que brillant ingénieur militaire, qu’il est légitime d’utiliser des armes redoutables pour se défendre et combattre ses ennemis.Codice Atlantico (Codex Atlanticus), f. 33 Léonard de Vinci (1452-1519) - Pinacothèque Ambrosienne, Milan - Lombardie

Codice Atlantico (Codex Atlanticus), f. 33 Léonard de Vinci (1452-1519) - Pinacothèque Ambrosienne, Milan - Lombardie

Léonard a inventé de nombreuses machines de guerre et des répliques et des maquettes fidèles de ses inventions sont exposées aujourd'hui au Musée national des sciences et des techniques Leonardo da Vinci de Milan.

Du navire-bélier, canons à huit et même trente-trois cannes, balles ogivales, chars d’assaut, perce-coque pour les batailles navales, et bien plus encore. Le musée abrite également une magnifique collection de maquettes tirées des recherches de Léonard sur le vol.
Léonard conçoit des machines en mesure d’imiter le vol des oiseaux et pense que des mécanismes et des leviers sont nécessaires pour amplifier le mouvement des bras et des jambes.

Musée national des sciences et des techniques Leonardo da Vinci, Milan - Lombardie

Il dessine différents modèles, même si nous ignorons s’ils ont été réalisés. Parmi eux se trouve "l'outil à vis qui devient femme avec l'air", l'ancêtre de l'hélicoptère moderne.

Musée national des sciences et des techniques Leonardo da Vinci, Milan - Lombardie

Léonard est convaincu que la culture dominante emploie une mauvaise méthode dans la recherche des vérités. Au lieu d'expérimenter, elle se limite à penser, alors que, selon lui, il ne peut y avoir de connaissance sans vérification. Un concept qui anticipe de plus d'un siècle les idées de Galilée sur la méthode expérimentale. Il considère que les petites vérités établies sont préférables aux grandes vérités non démontrables.

Il écrit dans ses carnets : "Vous me considérez comme un homme sans lettres, mais vous êtes des idiots parce que mes résultats sont tirés de l'expérience, pas des mots".
Il contestera toujours la culture littéraire et philosophique qui considère comme honteux de travailler avec les mains et faire de la recherche et de l’expérimentation.

Le désir de connaissance de Léonard est insatiable et le pousse à explorer des domaines auparavant inimaginables, tels que l'anatomie humaine. Cette machine parfaite le fascine, il veut savoir ce qu'il y a à l'intérieur, quel est son fonctionnement et pourquoi elle cesse de fonctionner. L'anatomie en est encore à ses balbutiements et Léonard est le premier à représenter le corps humain par une série de dessins époustouflants. Il invente l'illustration anatomique, encore utilisée aujourd'hui par les dessinateurs modernes.

Il étudie les muscles, les os, les tendons, le système vasculaire, les artères, il invente les images éclatées - qui permettent de comprendre la relation entre deux organes - mais ne parvient pas à comprendre la fonction du cœur.

Ses recherches sur la botanique n’aboutissent nulle part, l’induisant à penser que la circulation sanguine est régulée comme celle de la sève des plantes (une sève ascendante et descendante). Il ne considère pas le cœur comme un muscle moteur, mais comme un réchaud servant à chauffer le sang.

Études anatomiques, Léonard de Vinci

Études anatomiques, Léonard de Vinci

Léonard fait beaucoup progresser la connaissance dans de nombreuses disciplines scientifiques. Même dans le domaine de l’astronomie, ses intuitions se révèlent fondamentales: la chaleur du soleil, le scintillement des étoiles, la terre en tant que planète, la lune, la centralité du soleil (thèse hérétique qui suscitera pendant de nombreuses années des disputes et des oppositions).

À cette époque, les lois de la gravitation étaient encore inconnues, mais Léonard compare déjà les planètes à des aimants qui s'attirent mutuellement, expliquant ainsi le concept d'attraction gravitationnelle.

LE RETOUR À FLORENCE

La vie de Léonard de Vinci est intimement liée à celle des grands protagonistes de la Renaissance: Laurent le Magnifique, Ludovic le More, César Borgia, Nicolas Machiavel.
Mais aussi à des artistes comme Botticelli, Le Pérugin, Raphaël - qui est un de ses grands admirateurs. Il entretient d'excellentes relations avec eux sauf avec Michel-Ange, autre grand protagoniste de la Renaissance.

Les deux hommes s’affrontent sur le terrain de la peinture. En 1503, à Florence, ils sont chargés de peindre une fresque sur les deux grands murs de la Salle des Cinq Cents du Palazzo Vecchio. Chacun doit représenter une bataille: Léonard celle d'Anghiari, Michel-Ange celle de Cascina. Léonard doit se mesurer à nouveau (comme pour La Céne) avec la technique de la fresque. C'est une technique qui est familière à Michel-Ange, lequel réalise ses travaux avec rapidité et maîtrise, mais Léonard a besoin de plus de temps et notamment de la possibilité de recommencer éventuellement ou de retoucher certaines parties de son travail.
Léonard décide d'utiliser une technique différente, en particulier pour renforcer la résistance des couleurs: la technique dite encaustique utilisée par les Romains et décrite par Pline. Le résultat est désastreux. En raison du manque de source de chaleur nécessaire pour fixer la couleur au mur, le travail commence bientôt à se détériorer.
La bataille d'Anghiari sera visible pendant environ 50 ans avant d'être recouverte par les fresques du Vasari, chargé de la rénovation et de la décoration de la salle.

Salle des Cinq Cents, Palazzo Vecchio, Florence - Toscane

Grâce aux reproductions d'artistes comme Rubens, nous pouvons aujourd'hui nous faire une idée de ce à quoi ressemblait la fresque. La comparaison avec Michel-Ange n'a pas été possible, car Buonarroti ne réalisera là aucune fresque.

Bataille d'Anghiari - Rubens

Bataille d'Anghiari - Rubens

La Joconde, de la même période, est une œuvre immense que l’Histoire de l’Art définit simplement "Le tableau". Il s'agirait du portrait d'une femme florentine, épouse d'un certain Francesco del Giocondo. Il semble que Léonard devait également réaliser un portrait du mari. Ce qui est certain, c’est que l’œuvre ne sera jamais livrée. Après 4 ans de travail, comme toujours discontinu, Léonard garda le tableau pour soi. Tout a été dit sur ce visage et ce sourire : portrait d'une femme enceinte, portrait d'un homme, ou portrait de Léonard lui-même, représenté dans une version féminine…

La Joconde - Léonard de Vinci

La Joconde - Léonard de Vinci

LE RETOUR À MILAN ET LA PARENTHÈSE ROMAINE

En 1505, Léonard est à nouveau à Milan. Il habite à San Babila, aujourd'hui moderne quartier commercial. Après 7 ans d’absence, il revient voir sa Cène et note avec surprise que de nombreux jeunes peintres s’inspirent de son tableau et le reproduisent.
Lors de courts voyages, il visite Côme, se rend sur les pentes du Mont Rose et à Vaprio d'Adda. 

Saint Jérôme pénitent – Pinacothèque des Musées du Vatican, Cité du VaticanEn 1513, il part pour Rome, hôte de Julien de Médicis dans les appartements Belvedere au Vatican.

Dans la Pinacothèque des Musées du Vatican, on peut aujourd’hui observer le "Saint Jérôme pénitent", œuvre inachevée datée de 1480.

À Rome, il se consacre à des études de mécanique, d'optique et de géométrie, mais sa passion pour les études anatomiques le pousse à poursuivre ses recherches à la morgue.

Une lettre anonyme l'accuse de sorcellerie et avec la mort de son protecteur, Julien de Medicis, Léonard est obligé de quitter Rome. 

Les dernières nouvelles de son séjour dans la Ville Éternelle le voient se débattre avec la mesurage de la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs.

LÉONARD EN FRANCE

Léonard est vieux, il a vécu une vie aventureuse et recherche désormais la paix et la tranquillité. Il accepte donc l'hospitalité du roi de France François Ier qui lui offre une résidence (le petit château du Clos-Lucé) à Amboise, à 225 km de Paris. Léonard part pour son dernier voyage, duquel il ne reviendra pas.

Le génie italien a désormais 65 ans.

Autoportrait de Léonard - Bibliothèque royale de Turin, Piémont

Grâce à son célèbre autoportrait, on peut se faire une idée de la physionomie de Léonard de Vinci autour de ses 60 ans. La Bibliothèque royale de Turin, en Piémont, abrite aujourd'hui 13 dessins de Léonard et 6 dessins d’influence « léonardesque ».

Léonard réalise tous ses dessins, de même que ses croquis, en prenant soin de chaque détail. Chaque cheveu, chaque poil de barbe est rendu avec une précision stupéfiante, pourtant le visage n'est pas fini : il manque le haut du front, une partie de la barbe, mais on a quand même l'impression de les voir.

Cet autoportrait est plus une interprétation que Léonard donne de son propre visage, en réalisant de savants jeux de lumière, qu’une photographie fidèle.

La production artistique de Léonard n’est pas très ample, mais le nombre d’écrits et de dessins est considérable et représente peut-être l’œuvre la plus importante qu’il nous ait laissée.

La Bibliothèque royale de Turin conserve son Codex sur le vol des oiseaux, tandis que la Pinacothèque Ambrosienne de Milan abrite la plus grande collection de dessins et d'écrits de Léonard: le Codex Atlanticus

Codex Atlanticus, f. 26 vers Léonard de Vinci (1452-1519) - Pinacothèque Ambrosienne, Milan - Lombardie

Codex Atlanticus, f. 26 vers Léonard de Vinci (1452-1519) - Pinacothèque Ambrosienne, Milan - Lombardie

Un total de 1119 fiches couvrant 40 ans de recherches, allant de l'anatomie à l'astronomie, en passant par la chimie, la géographie, la botanique, la mécanique, les études sur le vol et les projets d'architecture.
Outre le Codex Atlanticus, la Pinacothèque Ambrosienne abrite également une œuvre picturale de Léonard: Portrait d’un musicien, arrivée au musée dans la seconde moitié du XVIIe siècle.

Portrait d’un musicien - Pinacothèque Ambrosienne, Milan - Lombardie

Portrait d’un musicien - Pinacothèque Ambrosienne, Milan - Lombardie

Le Codex Trivulzianus 2162 se trouve également à Milan: cinquante et une cartes, datables entre 1478 et 1493, conservées à la Bibliothèque Trivulziana du Château des Sforza.

Malgré un léger accident vasculaire cérébral qui paralyse sa main droite, Léonard enrichit sa collection de Codex. Un an avant sa mort, on trouve dans ses écrits une phrase importante: "Je continuerai".

Le 2 mai 1519, à l'âge de 67 ans, Léonard nous quitte.

Dix ans plus tard, l'église Saint-Florentin à Amboise où il a été enterré fut dévastée et sa tombe détruite. Ses ossements furent dispersés et les restes enterrés dans une fosse commune.

En 1984, des ossements retrouvés et attribués à Léonard furent placés dans la chapelle Saint-Hubert au château d'Amboise.

Ainsi se termine l'histoire humaine de Léonard et ainsi commence le mythe. 

"Oui, comme une journée bien remplie nous donne un bon sommeil, une vie bien vécue nous mène à une mort paisible." Léonard de Vinci